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Monde où Ombres et Lumières, Souffrances et Joies se tiennent par la main...En une ronde mortelle... Description audio !
Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
17.11.2006 Dernière mise à jour :
17.11.2007
Une courte histoire que j'ai écrite... Bonne lecture...
Blottis... Blottis l'un contre l'autre, dans une forêt, à un endroit où seul un rayon de lumière arrivait à percer l'épais feuillage et éclairer les deux visages inncocents, se tenaient les jeunes humains. Un silence irréel règnait autour d'eux, seulement troublé par les murmures de la Nature en de fugaces instants. Il lui caressait ses cheveux soyeux avec une extrême douceur, lentement, comme si c'eut été la dernière fois. Elle souriait, les paupières closes, le visage coloré d'une légère teinte rosée. Il la dévorait des yeux comme le feu dévore le bois. Ils se tenaient la main, ne voulant plus jamais se détacher. Ils étaient appuyés contre le tronc d'un arbre, assis sur l'herbe verte, parmi les insectes et les fleurs. Un faon passa en sautillant joyeusement. Ils l'observèrent, attendris par ce spectacle de pure beauté. L'animal les regarda à son tour avec ses grands yeux noisettes, dévisageant le couple qui ne formait qu'un. Il s'attarda quelques minutes puis repartit brusquement d'où il était venu. Ils souriaient...
Le garçon voulut toucher son visage mais sa main rencontra le vide. Il tenta de nouveau de la toucher mais son visage s'estompait peu à peu. Les couleurs autour de lui s'effaçaient doucement, comme celles d'un tableau exposé à la pluie. Le visage de son amie n'était consitué à présent que de millier de gouttelettes en suspension. Son buste devint la même chose. Puis cela se propagea vers ses bras et ses jambes, tandis que la forêt devenait noire et blanche. Bientôt il ne resta plus que sa main qu'il tenait toujours tendrement. Leurs regards se croisèrent. Deux regards amoureux et tristes, deux regards liés étrangement.
Et sa main se transforma comme le reste de son corps.
Une larma coula et roula le long de la joue du jeune homme. Une larme de passion qu'elle saisit au creux de sa main vaporeuse. Elle souffla dessus et alors la larme se changea en rose rouge aux reflets violets.
"Adieu..." fit-elle dans un murmure presque inaudible, avant de disparaître sous l'effet de la brise.
Il regarda les myriades de points scintillants s'envoler vers le Soleil, le coeur gros de soupirs contenus... Il décida de planter la Rose à cet endroit, en mémoire pour Elle. Il resta là à sangloter pendant des heures, l'image de sa princesse revenant sans cesse, intarissable, brûlante, incandescente...
Il revint chaque année dans la forêt pour voir la Rose qui s'était reproduite et avait formé des dizaines d'autres semblables. Il repensa à chaque fois à cette mystérieuse femme évaporée. Si un jour bous voyez dans une petite forêt enchantée des Roses aux étranges teintes violâcées, vous saurez leur Histoire. Et si un vieil homme au regard nostalgique et rêveur vous offre une des ces Fleurs, vous vous souviendrez des deux enfants blottis l'un contre l'autre... Blottis...
Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l'épaule:
"Va-t-en voir là-haut si j'y suis..."
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil
Est-il encore debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?
S'il fallait aller au cimetière
Je prendrais le chemin le plus long
Je ferais la tombe buissonnière
Je quitterais la vie à reculons...
Tant pis si les croque-morts me grondent
Tant pis s'ils me croient fou à lier
Je veux partir pour l'autre monde
Par le chemin des écoliers
Ici-gît une feuille morte
Ici finit mon testament
On a marqué dessus ma porte :
"Fermé pour cause d'enterrement"
J'ai quitté la vie sans rancune,
J'aurai plus jamais mal aux dents :
Me voilà dans la fosse commune,
La fosse commune du temps
Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus...
Sur la nature défleurie
Faites s'abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.
Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous,
Dispersez-vous, ralliez-vous !
Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment les morts d'avant-hier,
Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
0 notre funèbre oiseau noir !
Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne,
Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.
... Besoin d'évacuer ce flot de pensées qui m'harcèlent... J'en ai marre... De quoi ? De tout.
Marre de ces gens superficiels, sans dignité... Marre qu'ils ne respectent rien... Et même pas eux-même... Qui jouent avec l'amour inconsciemment... Qui jouent entre eux à des jeux si stupides...
Marre... Marre de cette Humanité à la con... Marre des hommes... Marre...
Marre qu'il n'y ait plus de valeurs... Marre de humains... Auxquels parfois je me sens si... Etranger... L'impression de n'être qu'une ombre... De se voir "vivre" de l'extérieur... Ces jours qui passent... Si semblables... Et misérables...
Marre de me sentir étranger en moi-même... Etranger au monde... Marre... De vous voir...
Marre... D'essayer... D'échouer...
Marre... Car j'aimerais être autre part... Loin... Quelque part... Ailleurs... Loin de tout... En dehors... Là-bas... Pas là...
Marre... Car tout s'effondre peu à peu...
Marre... Des robots que nous sommes... Au programme déjà préinscrit... Marre de la fatalité... De... Je ne sais plus...
Marre... De vouloir faire changer... D'essayer... D'échouer...
Marre... Des espèces qui disparaissent... De la nature qui se meurt... Des êtres vivants torturés... Mes pensées...
Marre... Des atrocités commises dans un silence indifférent... Des abominations constituant le quotidien... Marre... Des Humains... Qui se croient si supérieurs... Qui croient en la chaleur... Car ne règne que le froid... Et le désarroi...
Marre... De ces choses qui dominent... Argent... Pouvoir... Force... Violence... Marre... Aucune évolution... Simple stagnation...
Marre... Chute libre... Un pas de plus... Un autre de moins... Marre... L'appel du gouffre... L'odeur du soufre... Pestilence affreuse... Douloureuse...
Marre... Veux des ailes... Et m'envoler... Partir... Oublier... Quitter...
Marre... Illusions d'un miroir... Si belles et parfaites illusions... Que la réalité brise... Et aiguise...
Marre... De tout... De vous... De nous...
Je pars... Tout au bout là-bas... Vous voyez cet arbre au feuilles vertes ? Vous voyez ce ciel bleu ? Je pars... Je me retourne... Le monde s'effondre... Derrière nous... Ne bascule pas... Le monde s'écroule... Ne regarde pas...
Marre...
-Excusez-moi... Le flot est parti... Désolé...-
"«L'homme n'est pas entièrement coupable
Il n'a pas commencé l'histoire;
ni tout à fait innocent,
puisqu'il la continue.»
J'ai regardé apparaître le noir soleil
Qui a réveillé les lumières de mon coeur,
De sombres éclaircies aux teintes sans bonheur,
Comme décolorées par un mauvais conseil.
Alors a commencé la redoutée aurore,
Monstre dévoreur de la Lune et des étoiles,
Dont j'aimerais pouvoir retirer le voile
Derrière lequel se cachent ses cheveux d'or.
Comme une terrible araignée sa toile elle tisse
Sur le ciel de tous mes remords passés,
Et elle attend que je vienne m'enliser
Et les pétales de mes songes se flétrissent.
L'aube du monde, l'infini commencement
Qui se déroule devant mes yeux hélas clos
M'entraîne dans la farandole des oiseaux,
Chantant la vie et la mort, la chair et le sang.
J'ai regardé dans l'enchevêtrement des fils
Poindre la lueur, si petite et innocente,
Si faible que le zéphyr la rend vacillante
Et empêche la fin de ce profond exil.
O Lune reviens vite, je t'en prie... Reviens
Pour remplacer ces éclats bien trop torturés
Que mon regard aveugle ne peut supporter !
Je t'en supplie le jour trouble mon long chemin...
Ne t'en vas pas, ô Lune, ma fidèle amie
Ta présence me fait brûler d'un feu nouveau
Qui consume lentement mon âme sous l'eau,
Car cendre est mon futur depuis le premier cri.
Prends ma main, évadons-nous vers les autres cieux,
Tel un château de cartes ceux-ci s'effondrent,
Telle une peau de chagrin ils ont semblé fondre,
Les nuages s'ouvrent devant nous... Alors... Adieu...
Bien vite elle sécha ses larmes, se ressaisit et prêta enfin attention au rire. Il lui semblait que c'était un rire d'homme, chaleureux, à l'opposé de celui de la créature dans son rêve. Mais peut-être avait-elle changé d'apparence pour mieux la tromper ? Elle se sentait étrangement attiré par le son, comme si elle l'avait entendu durant toute sa vie. La jeune femme voulait maintenant en connaître l'origine. Mais il venait de partout à la fois.
Continuer tout droit ? Retourner en arrière ? Franchir la piètre barrière de fleurs et de ronces, au risque d'aller à l'encontre de l'avertissement de l'énigmatique voix ?
Après courte réflexion, elle opta pour la première solution. Elle avait atteint le point de non-retour. Autant continuer dans ce monde, Isidore.
Le rire s'éloignait.
Elle courut à sa recherche. Tout droit, toujours tout droit. Plus vite, toujours plus vite. La course-poursuite dura vingt bonnes minutes. Au bout d'un moment elle s'arrêta, essoufflée.
Le rire s'était arrêté également.
"Tiens la pluie a cessé, remarqua-t-elle, malgré les nuages toujours gris et le ciel menaçant".
Soudain, lorsqu'elle releva sa tête, elle le vit.
"Non c'est impossible ! hurla Lucie. Pas ça". C'était exactement comme elle l'avait tant de fois imaginé. Elle le regarda attentivement. Et il la regardait. Il lui ressemblait trait pour trait, cet homme, son Prince-Charmant, qu'elle voyait à ses côtés lorsqu'elle se trouvait seule, dans des instants de nostalgie. Et il était là, devant elle, à la dévisager. Lui aussi paraissait confus, étonné, agréablement surpris. Elle avait attendu ces secondes pendant toute sa vie, ce les étaient passées et repassées dans sa tête comme une scène émouvante d'un film. Elles s'écoulaient en moment même.
"Eh le Temps, ne pars pas si rapidement !"
Jamais elle n'aurait cru un jour baigner dans tant de bonheur, pur et merveilleux. Encore fallait-il qu'elle restât là où elle avait pied... Car la noyade dans ces eaux est douloureuse... Si douloureuse...