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Monde où Ombres et Lumières, Souffrances et Joies se tiennent par la main...En une ronde mortelle... Description audio !
Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
17.11.2006 Dernière mise à jour :
17.11.2007
Elle s'allongea à même le sol fangeux et s'endormit dans cette contrée inconnue, sous le regard bienveillant de l'Etre qu'elle venait de quitter. Sa nuit fut mouvementée, hantée de rêves incompréhensibles. Elle voyait un arbre couvert de feuilles vertes. Il était immense et perçait les cieux d'un bleu éclatant, parsemé de quelques nuages. Puis, lorsqu'elle s'approchait de l'arbre, une bête immonde en descendait pour lui crever les yeux avec un clou qu'elle tenait dans sa main infecte. La créature riait pendant que Lucie avançait dans les ténèbres à tâtons. Elle tombait ensuite dans un profond gouffre qui dégageait une odeur de pourriture infâme. Sa chute était interminable et le vilain rire résonnait dans son crâne. Elle voulait s'aggriper à quelque chose, n'importe quoi. Mais elle tombait. Alors la bête lui disait d'accepter son aide. Elle refusait. Mais elle tombait.
« Prends mes ailes, Mortelle Poussière, sussurait-elle. Prends les ! ».
Enfin, quand elle se résignait, qu’elle eut trouvé des ailes et battu quelques secondes avec, celles-ci se brisaient impitoyablement et la chute recommençait. Et le rire résonnait…
Lorsqu’elle se réveilla après ce cauchemar sans fin, elle tremblait comme une feuille exposée à un vent puissant. Elle se leva et remarqua qu’il n’avait cessé de pleuvoir et que son visage était maculé de terre humide. Après quelques minutes de léthargie, Lucie décida de se remettre à marcher, pour cette quête inconnue.
« Mais qu’est-ce que je fais là ? se demandait-elle sans cesse. Je suis une adulte et j’ai pourtant l’impression d’avoir pénétré dans un conte pour gamin, dont l’auteur prend un malin plaisir à jouer avec mon personnage… Je suis réelle ! Tu entends là-haut ? J’existe ! J’existe… »
Et elle éclata en sanglots, tandis que non loin de là un petit rire cristallin embaumait l’air, accompagné du chant des fleurs. La mélodie était belle mais elle ne l’entendait pas. Belle… Si belle… A en périr…
Le funeste silence des tombes est troublé
Par la triste mélodie des morts antérieurs
Qui dansent avec les démons des temps passés
En une tragédie de beautés et laideurs.
Sur la pierre froide se tient un jeune garçon,
Allongé, le regard dirigé vers les cieux,
En attente d'une divine libération
Au mal qui coule lentement des petits yeux,
Dont les si délicates paupières frissonnent,
Comme les jolis coeurs amoureux et transis,
Comme le font les feuilles des arbres en Automne,
Lorsque brutalement une ondée les saisit;
Et tandis qu'il est observé par la Nature,
Les fleurs et les ronces, les animaux et les herbes,
Chuchotant d'affreux secrets dans la sépulture,
La salive de sa bouche prend un goût acerbe.
Il ne bouge pas, semble être pris d'un sommeil
D'une profonde léthargie qui l'annihile
Peut-être attend-t-il qu'une fée le réveille
Et brise le charme, le cauchemar infantile ?
Les décombres de son âme sont carressés
Etouffés, et irrémédiablement meurtris,
Sacrifiés sur un autel rouge sombre, tâché
De sourires et de plaintes, de joies et d'infâmies.
Le dormeur ne se réveillera plus jamais;
Des gouttes de sang perlent au coin de ses lèvres
Depuis le matin il est parti chevaucher
Avec la Mort; ni belle, ni laide; ni noble, ni mièvre...