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malicious
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Monde où Ombres et Lumières, Souffrances et Joies se tiennent par la main...En une ronde mortelle...
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Blog Journal intime
Date de création :
17.11.2006
Dernière mise à jour :
17.11.2007
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Chronique du Soleil Noir

Chronique du Soleil Noir

Posté le 18.05.2007 par malicious
J'ai décidé d'ouvir la Chronique du Soleil Noir. Le premier texte paraîtra demain si j'ai le temps. C'est une sorte de nouvelle que j'écris au jour le jour.




--

Chronique du Soleil Noir (I)

Posté le 18.05.2007 par malicious
Chronique du Soleil Noir.

Il pleuvait ce jour là. Les gouttes d'eau tombaient dans le ciel assombri par les nombreux nuages, dont la couleur variait entre le gris et le noir. Il se lambrissait par instants fugaces d'éclairs qui le déchiraient sans aucune pitié. Au milieu de ce chaos, assis sur un banc, se trouvait une femme. Seule. Elle paraissait belle. De cette beauté naturelle et non pas superficielle comme la plupart de ses semblables. Ses cheveux noirs cachaient une partie de son visage humide. Mais ce n'était pas les larmes de l'averse. C'était celles de l'amour. Elles coulaient le long de sa joue douce et délicate, avant de s'écraser sur le sol, se mêler à l'autre liquide, et fondre dans l'océan. Soudain elle se leva, fit quelques pas en titubant, puis s'effondra par terre, au milieu du clapotis des gouttes, dans ce parc vide de joie, où les arbres semblaient aussi empreints de tristesse, leurs branches s'élevant piteusement vers le ciel sombre, tels des mains implorantes. La jeune femme se mit à crier. Inutilement. Seuls deux pinsons perchés en haut d'un lampadaire l'entendirent et s'envolèrent effrayés. Elle resta là allongée pendant une dizaine de minutes, l'eau pénétrant en elle et mouillant le tissu dont elle était vêtue.
Il pleuvait... Et elle pleurait... Seule avec elle-même. Si seule... En compagnie de sa plus perfide ennemie...

[A Suivre]

Chronique du Soleil Noir (II)

Posté le 21.05.2007 par malicious
Elle était perdue dans le flot discontinu de ses pensées qui l'entraînaient dans d'insondables abysses et la torturaient de souvenirs au goût aigre, lorsqu'un petit cri étoufé se fit entendre. Elle se releva péniblement et chercha d'où pouvait bien provenir l'étrange bruit. Un long sentier bordé de fleurs et de ronces se trouvait devant elle. Un très long chemin dont elle distinguait à peine l'achèvement. Elle s'y engagea et commença à marcher sous la pluie encore battante, observant le paysage qui devenait de plus en plus lugubre et menaçant. Elle marcha, toujours assaillie par un passé douloureux qui à chaque pas était comme des milliers d'aiguilles s'enfonçant derrière sa rétine. Elle marcha, et la nuit tomba, brusquement, sans prévenir.

"Mais où suis-je...?, pensa-t-elle. Mais où...?"
"Mais à Isidore, voyons, pauvre humaine pathétique."
"Qui a parlé...? Qui êtes-vous...?"
"Ne sais-tu que poser des questions ? Moi, je suis tout et à la fois rien. Insaisissable et insinué. Corrosif et purificateur." déclara fièrement la voix.
"Je ne comprends pas..."
"Si tous avaient compris, je ne serai pas là ! A ton tour de te présenter, Poussière !"
"Je m'appelle Lucie Faire. J'ai 23 ans et..."
"Le temps n'est que méprise, coupa l'autre. Que fais-tu donc ici, Mortelle inconsciente ?"
"Je ne sais pas... Je ne sais plus..." sanglota-t-elle, faisant un immense effort pour tenir encore debout, sur cette route boueuse.
"Le service de la douane est vraiment défaillant ces jours-ci, dit-il, ne semblant s'adresser à personne en particulier. Il faudrait que je pense à parler au Directeur."
Puis à Lucie : "Je dois te laisser. Les affaires m'appellent. Surtout ne t'écarte jamais de la voie... Jamais..."

Elle n'eut pas le temps de lui poser une autre question qu'à nouveau un silence pesant s'était installé... Pesant... Si pesant...

Chronique du Soleil Noir (III)

Posté le 26.05.2007 par malicious
Elle s'allongea à même le sol fangeux et s'endormit dans cette contrée inconnue, sous le regard bienveillant de l'Etre qu'elle venait de quitter. Sa nuit fut mouvementée, hantée de rêves incompréhensibles. Elle voyait un arbre couvert de feuilles vertes. Il était immense et perçait les cieux d'un bleu éclatant, parsemé de quelques nuages. Puis, lorsqu'elle s'approchait de l'arbre, une bête immonde en descendait pour lui crever les yeux avec un clou qu'elle tenait dans sa main infecte. La créature riait pendant que Lucie avançait dans les ténèbres à tâtons. Elle tombait ensuite dans un profond gouffre qui dégageait une odeur de pourriture infâme. Sa chute était interminable et le vilain rire résonnait dans son crâne. Elle voulait s'aggriper à quelque chose, n'importe quoi. Mais elle tombait. Alors la bête lui disait d'accepter son aide. Elle refusait. Mais elle tombait.
« Prends mes ailes, Mortelle Poussière, sussurait-elle. Prends les ! ».
Enfin, quand elle se résignait, qu’elle eut trouvé des ailes et battu quelques secondes avec, celles-ci se brisaient impitoyablement et la chute recommençait. Et le rire résonnait…

Lorsqu’elle se réveilla après ce cauchemar sans fin, elle tremblait comme une feuille exposée à un vent puissant. Elle se leva et remarqua qu’il n’avait cessé de pleuvoir et que son visage était maculé de terre humide. Après quelques minutes de léthargie, Lucie décida de se remettre à marcher, pour cette quête inconnue.
« Mais qu’est-ce que je fais là ? se demandait-elle sans cesse. Je suis une adulte et j’ai pourtant l’impression d’avoir pénétré dans un conte pour gamin, dont l’auteur prend un malin plaisir à jouer avec mon personnage… Je suis réelle ! Tu entends là-haut ? J’existe ! J’existe… »
Et elle éclata en sanglots, tandis que non loin de là un petit rire cristallin embaumait l’air, accompagné du chant des fleurs. La mélodie était belle mais elle ne l’entendait pas. Belle… Si belle… A en périr…

Chronique du Soleil Noir (IV)

Posté le 01.06.2007 par malicious
Bien vite elle sécha ses larmes, se ressaisit et prêta enfin attention au rire. Il lui semblait que c'était un rire d'homme, chaleureux, à l'opposé de celui de la créature dans son rêve. Mais peut-être avait-elle changé d'apparence pour mieux la tromper ? Elle se sentait étrangement attiré par le son, comme si elle l'avait entendu durant toute sa vie. La jeune femme voulait maintenant en connaître l'origine. Mais il venait de partout à la fois.
Continuer tout droit ? Retourner en arrière ? Franchir la piètre barrière de fleurs et de ronces, au risque d'aller à l'encontre de l'avertissement de l'énigmatique voix ?
Après courte réflexion, elle opta pour la première solution. Elle avait atteint le point de non-retour. Autant continuer dans ce monde, Isidore.
Le rire s'éloignait.
Elle courut à sa recherche. Tout droit, toujours tout droit. Plus vite, toujours plus vite. La course-poursuite dura vingt bonnes minutes. Au bout d'un moment elle s'arrêta, essoufflée.
Le rire s'était arrêté également.
"Tiens la pluie a cessé, remarqua-t-elle, malgré les nuages toujours gris et le ciel menaçant".
Soudain, lorsqu'elle releva sa tête, elle le vit.
"Non c'est impossible ! hurla Lucie. Pas ça". C'était exactement comme elle l'avait tant de fois imaginé. Elle le regarda attentivement. Et il la regardait. Il lui ressemblait trait pour trait, cet homme, son Prince-Charmant, qu'elle voyait à ses côtés lorsqu'elle se trouvait seule, dans des instants de nostalgie. Et il était là, devant elle, à la dévisager. Lui aussi paraissait confus, étonné, agréablement surpris. Elle avait attendu ces secondes pendant toute sa vie, ce les étaient passées et repassées dans sa tête comme une scène émouvante d'un film. Elles s'écoulaient en moment même.
"Eh le Temps, ne pars pas si rapidement !"

Jamais elle n'aurait cru un jour baigner dans tant de bonheur, pur et merveilleux. Encore fallait-il qu'elle restât là où elle avait pied... Car la noyade dans ces eaux est douloureuse... Si douloureuse...


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