Poemes
Posté le 04.10.2007 par malicious
En Vers Le Miroir
Par un beau jour de tristesse, il fut là, très las
Près du toit sur lequel il était accoudé
A se mutiler au son lancinant du glas
A regarder tristement sa vie trépasser.
Il se tint debout, ne joignant plus les deux bouts
Quand le jeu des maux se fit encore plus intense
Et qu’un raz de détresse le saisit d’un coup
Inondant tout son être d’une douce errance.
L’homme fut bientôt pris au cœur d’un pincement
Songes cruels l’envahirent en des trompes l’âme
Son cœur flasque coulait, et des flaques de sang
Assombrirent de son existence la trame.
Il aurait souhaité avoir une grande trappe
Leurrant comme ça son chagrin à fleur de peau
Et échappant ainsi à l’amour qui vous happe
Vous tire brutalement de vos paisibles eaux.
Peu à peu les sens de son corps s’évaporèrent
Douloureusement l’écrin du temps retombait
Sous le poids des damnés ses espoirs se plièrent
Comme le clou en fer d’un spectacle raté.
L’envers du miroir étant assez terrifiant
La goutte de sang qui fit déborder son cœur
Fut un fleuve de vers que conduisit le vent
Au gré des courants et de leurs longues langueurs.
L’homme s’envola du haut du toit, près de toi
Un souffle de douleur le porta jusqu’aux cieux
Cet étrange zéphyr fut le son de ta voix
Quand pour la première fois tu ouvris les yeux.
Et maintenant que le froid mord dans l’âme
Croquant à pleine dent cette chair putréfiée
Que dans l’obscurité les volontés se pâment
Y en a-t-il un qui osera se lever
Et clamer tout haut « Je veux m’envoler » ?
Malicious
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Posté le 09.09.2007 par malicious
La nuit était sans lune, la plaine déserte
Les vautours s'étaient tus, et éloignaient au loin
Le monde ne tournait plus, de bonheur empreint
Et deux êtres humains, qui ignoraient la perte,
Se promenaient en silence, malgré les embruns
Refoulant toute peur, même de l'inconnu
Ils progressaient ensemble, face à leur destin
Cet étrange oiseau, à la bouche décousue...
La mélancolie, pour un instant assoupie
Laissait enfin en paix leur deux coeurs libérés
Qui battaient à présent, à un rythme effréné
Et sous la froideur de la tombée de la nuit
Les deux créatures dans les cieux naviguaient
Comme des papillions volant vers la lumière
Tellement joyeusement ils virevoltaient
Oubliant presque la tristesse carnassière...
Tout à coup toutes les étoiles s'embrasèrent
Une gigantesque brèche s'ouvrit devant eux
Une larme furtive saignant de leurs yeux
Ils se prirent par la main et se regardèrent,
Confiants, prêts pour cet autre voyage audacieux
Déjà les sirènes se mettaient à hurler
Ils se jettèrent dans le gouffre ténébreux
Et ils furent ensemble pour l'éternité...
Nemo (Malicious)
Posté le 03.09.2007 par malicious
La rivière coule
Au travers des champs
Malmenant la foule
Des soleils levants
La fillette rit
Roule innocemment
Parmi les épis
Parmi les enfants
Les éclats sont miels
Réchauffant le coeur
Comme un arc-en-ciel
De chaudes couleurs
Le feu autour d'elle
Lèche ses cheveux
Carresse ses ailes
Sur les pages bleus
Le sourire aux lèvres
Contemplant les flammes
N'ayant rien de mièvre
N'ayant rien d'infâme
Le regard perdu
Elle court vers lui
Elle avait tant cru
A ce paradis...
Malicious
Posté le 02.09.2007 par malicious
Je voudrais tant connaître les mots
Ceux qui pourraient te réconforter
Ou ceux qui glisseraient sur ta peau
Sans jamais l'écorcher,
Telle la caresse d'une plume,
Telle beaucoup d'encre abandonnée,
Tels des gémissements d'amertume,
Telles des larmes oubliées,
Muse imaginaire, irréelle et utopique ;
Femme parfaite, insaisissable et désirée
Qui n'existe que dans les rêves fantastiques
D'un enfant au coeur déjà souvent lacéré,
Par des armes acérées, tranchantes et contandantes
Par des instants déchirés, durs et malicieux
Et le ciel geint, devient feu ; et les nuages mentent
Et les songes et les espoirs s'en vont, malheureux...
Malicious
Posté le 26.08.2007 par malicious
Les paysages par la fenêtre défilent
A mes yeux rougis ils ne prennent plus de sens
Car je pense à toi, à ta silhouette immobile
Souvenirs d'enfance.
Et l'azur de ton regard revient lancinant
J'essaie d'oublier les contours de ton visage
Et la douceur de ta main part furtivement
Briser cette image.
Ta voix claironne dans ma tête mille chansons
Me frapper le crâne contre des murs de pierre
Ne sert qu'à les repeindre de pourpre, viens, aimons,
Dans ce cimetière.
Il ne me reste plus qu'à t'envoyer des pensées
Fragiles comme des petits coeurs en faïence
Des Fleurs du Mal recourvertes par la Rosée
Amour de vacances...
Malicious.
Posté le 02.07.2007 par malicious
J'écris le mot "illusions" sur le sable fin
Mais la brise en balaie les lettres une par une
Puis elle les envoie vers l'océan, grain par grain
Et l'eau salée s'immisce dans chacune.
Peut-être qu'une femme dans un joli bâteau
Receuillera dans le creux de sa blanche main
Les vestiges de ma triste âme en proie aux flots,
Qui s'immolent pour un dieu si malin
Cette déesse achèvera probablement
De la noyer et l'immerger dans le chagrin
Et alors me sourira comme à un enfant
Des ses yeux argentés et assassins.
Allongé sur le dos, je regarde les cieux
Parce qu'il y a là-haut des anges anodins
Qui m'aident à voler par leurs conseils audacieux
...J'écris "illusions" sur le sable fin...
Malicious
[C'était le dernier avant de partir...]
Posté le 25.06.2007 par malicious
Quand j'vois qu'l'amour
A perdu ses valeurs
Quand j'vois qu'pour toujours
Sont torturés les coeurs
Quand j'regarde la jeunesse
Et la vois inconsciente
Quand j'regarde la vieillesse
A la voix radotante
J'me d'mande parfois
Où suis-je ?
J'suis pris malgré moi
D'immenses vertiges
Quand j'vois qu'l'argent
Est le seul maître
Quand j'vois qu'avant
Il l'était p'têtre
Quand j'regarde la Terre
De mes p'tits souliers
Quand j'regarde notre Mère
Rapidement s'essouffler
J'me d'mande souvent
Où vais-je ?
J'me sens pant'lant
Sans siège
Quand j'vois qu'la force
Se veut dominante
Quand j'vois leur écorce
Pourtant si craquante
Quand j'regarde mon image
Dans mon beau miroir
Quand j'regarde la cage
Pourtant si dérisoire
J'me d'mande tout le temps
Mais que fais-je ici ?
Et emporté par le vent
J'm'enfuis...
Malicious
[L'image, qui est un tableau, est réalisé par l'artiste JF Bruckner que vous pourrez retrouver à ce lien http://jfbruckner.blogspot.com/2006_01_01_archive.html
Je le mets par respect des ses oeuvres. Surtout de celle-ci en fait.]
Posté le 22.06.2007 par malicious
La mort qui toque chaque soir
A ma porte fissurée
Sussure dans le noir
Que mon heure est arrivée
Mais moi j'veux pas mourir
Seul dans ma froide maison
A me morfondre, à me languir
En entendant le son
Du glas qui sonne dans ma tête
Comme une douce chanson
Et comme la fumée d'une cigarette
S'évapore ma raison
La vague de mes espoirs
Vient douloureusement se briser
Sur les rochers blafards
Qui se sont amenés
Viens, entre dans la farandole
Des démons et des fées
Car la joie n'est que frivole
Et l'espoir trépané
Danse avec le Malin
Et tous ses acolytes
Prend les par la main
Avant de les relâcher vite
La mort qui toque chaque soir
A ma porte fissurée
Sussure dans le noir
Que mon heure est arrivée
Mais moi j'veux pas crever
Et me faire bouffer par les vers
Attendre des années
Dans un sombre cimétière
Avec pour compagnie
Toutes les pleurs amères
Des anges et de la pluie
Des mères et des pères...
Malicious
Posté le 20.06.2007 par malicious
Au dessus des rivières et des monts
Des nuages gris et des soleils
De tes lèvres contre mon front
De ta présence à chaque sommeil
Je vole vers cet étrange rivage.
Par delà les ternes lueurs
Les terres arides et desséchées
Et les étoiles à l'air rieur
Et les planètes inachevées
Je m'échoue sur le sable de la plage.
Aux confins des jardins secrets
De tout ces petits univers
Des âmes douces et esseulées
Des courtes joies et des calvaires
J'aperçois les contours de ton visage.
Si loin de tout être vivant
Du peuple des morts et des deuils
Des plaintes des agonisants
Des cimetières et des cerceuils
Indéniablement se tourne la page
D'un éphémère receuil...
Malicious
Posté le 09.06.2007 par malicious
C'est la feuille de l'arbre en face
Qui se sent seule et incomprise
Quoi qu'elle voie, quoi qu'elle fasse
L'en empêche toujours la brise.
C'est la feuille de l'arbre en face
Que je veux pas voir fânée
Que je ne veux pas voir de glace
Car elle fond avec l'été.
C'est la feuille de l'arbre en face
Qui veut jouer seule à la tortue
Protégée par sa carapace
Des bêtises des inconnus.
C'est la feuille de l'arbre en face
Qui tombe et s'écrase par terre
Et dévorée par les rapaces
Et maudite des faibles vers.
C'est la feuille de l'arbre en face
Qui a malgré tout un ami
Qui dans la fange la ramasse
Et la répare et lui sourit...
Malicious